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AUTRES DOSAGES
5. la Triiodothyronine libre (T3L)

Physiologie

la T3 circulante provient pour 20% seulement de la glande thyroïde elle-même. Les 80% restants sont produits en périphérie par désiodation de la T4. L’activité des 5’ désiodases peut être diminuée dans de nombreuses circonstances: jeûne, maladie non thyroïdienne sévère, traitements médicamenteux…. La T3L peut ainsi être abaissée en l’absence d’hypothyroïdie.

D’autre part l’adaptation à un manque d’iode fait entrer en jeu une série de mécanismes qui permettent de maintenir l’euthyroïdie. Parmi ces mécanismes, la sécrétion préférentielle de T3 par la glande thyroïde joue un rôle non négligeable. De ce fait lors d’une hypothyroïdie débutante la T3L reste normale.

En définitive, bien que la T3 soit l’hormone la plus active, sa mesure est surtout le reflet de la production périphérique. Le dosage de T3 libre possède une faible valeur dans la reconnaissance des dysthyroïdies et sa valeur diagnostique est limitée.

Techniques de dosage (1)

Comme la T4, la T3 circule dans le sang sous deux formes en équilibre : l’une libre (0,3% du total) et l’autre liée à des protéines de transport : 75-80% à la TBG, moins de 10% à la transthyrétine (TTR) et environ 10% à l'albumine.

Les difficultés analytiques des dosages de T3L qui sont de même nature que celles du dosage de T4L (voir les techniques de dosage de la T4L) sont accentuées du fait que la liaison de la T3 aux protéines de transport est moins forte que celle de la T4 (2). Le dosage de T3L a cependant supplanté celui de T3 totale.

Les techniques de dosage de T3L sont les mêmes que celles de T4L : des immunodosages en deux étapes, ou une étape par ligand marqué ou anticorps marqué (voir les techniques de dosage de la T4L). Pour les dosages par anticorps marqué le ligand est soit de la T3 (dosage homologue) soit de la diiodothyronine (dosage hétérologue).

L’harmonisation des résultats des différentes trousses reste très imparfaite. Les exigences préanalytiques sont les mêmes que celles du dosage de T4L et, comme pour la T4L, il est impossible de diluer un sérum dont le résultat est supérieur au dernier étalon.

Indications

  • En présence d’une TSH abaissée et d’une T4L normale : distinction entre une hyperthyroïdie à T3 et une hyperthyroïdie infraclinique (T3L et T4L normales, TSH abaissée).
  • Gradation d’une hyperthyroïdie franche
  • Reconnaissance de l’étiologie (rapport T3/T4 accru dans la maladie de Basedow, les nodules toxiques, diminué dans les hyperthyroïdies par surcharge en iode et les thyroïdites).
  • Surveillance du traitement d’une hyperthyroïdie à T3.
  • Surveillance d’un traitement par L-T3.
  • Diagnostic d’une hyperthyroïdie lors d’un traitement à l’amiodarone.
  • Recherche d’un surdosage lors d’un traitement frénateur par L-T4.
  • Recherche d’un surdosage lors d’un traitement substitutif par L-T4 d’une insuffisance hypophysaire.

Références

  1. Sapin R, Schlienger JL. Dosages de thyroxine (T4) et triiodothyronine (T3) : techniques et place dans le bilan thyroïdien fonctionnel. Ann Biol Clin (Paris) 2003;61: 411-20.
  2. Sapin R, Schlienger JL, Kaltenbach G, Gasser F, Christofides ND, Roul G, et al. Determination of free triiodothyronine by six different methods in patients with non-thyroidal illness and in patients treated with amiodarone. Ann Clin Biochem 1995;32:314-24.
 
 

 

Liens