Le dosage de thyroglobuline (Tg) est un paramètre essentiel dans le suivi des patients présentant un cancer différencié de la thyroïde papillaire et/ou vésiculaire. Il s’agit d’un marqueur sensible et spécifique dont le taux mesuré reflète principalement la différenciation du tissu tumoral, la masse de tissu thyroïdien et le degré de stimulation des récepteurs de la TSH. La Tg sérique doit être mesurée avec une méthode de dosage immunométrique (IMA) utilisant un traceur radioactif, enzymatique ou luminescent, standardisée sur le standard européen de référence (CRM 457) et de sensibilité fonctionnelle < 1 ng/ml (ou µg/L). La variabilité inter-technique reste notablement élevée (estimée récemment à 37%) et implique que le suivi d’un patient se fasse avec le même réactif de dosage de Tg. La majorité des dosages actuellement commercialisés ont une sensibilité fonctionnelle comprise entre 0,5 et 1 ng/ml. Certains nouveaux réactifs offrent une sensibilité fonctionnelle proche de 0,2 ng /ml qui permet une mesure précise des concentrations basses de Tg. Les dosages de sensibilité fonctionnelle < 0,1 ng/ml ont une spécificité moindre qui induit des résultats faussement positifs.
Selon le dosage de Tg utilisé, la présence d’anticorps anti-Tg dans la circulation induit une minoration plus ou moins importante. La recherche systématique d’interférences par dosage d’anticorps anti-Tg est donc nécessaire. Il n’y a pas de contrainte quant à la méthodologie utilisée si l’on utilise une méthode quantitative. Les anticorps anti-Tg vont diminuer et disparaître chez les patients en rémission complète, mais le temps entre la disparition de l’antigène et celle de l’anticorps peut être de 2-3 ans. Ainsi, la persistance ou la réapparition des anticorps anti-Tg circulants en regard d’une Tg indétectable peut être considérée comme un « indicateur » de persistance de la maladie.
La Tg est produite à la fois par les cellules thyroïdiennes normales et cancéreuses et sa production est sous contrôle de la TSH. La TSH sérique doit toujours être mesurée lors du dosage de la Tg.
Après ablation complète par chirurgie et iode radioactif, le taux de Tg doit être indétectable et tout taux détectable doit alerter le clinicien. Cependant, la Tg sérique peut rester détectable pendant quelques mois après la chirurgie ou un traitement par l’iode radioactif. Ainsi, la Tg ne doit pas être mesurée moins de 3 mois après le traitement initial. L’évaluation doit tenir compte, à la fois du taux de Tg et de l’évolution de ce taux lors de déterminations consécutives.
Les rares déterminations faussement négatives de la Tg sérique après stimulation par la TSH sont dues principalement à de petits ganglions métastatiques qui sont mis en évidence par l’échographie cervicale.
L’ablation par l’iode radioactif améliore la spécificité du dosage de la Tg sérique. Chez ces patients, la stimulation par la TSH améliore sa sensibilité sans diminuer sa spécificité. Le taux de Tg stimulée est habituellement plus bas, d’un facteur 1,5 à 2, après rhTSH qu’après sevrage.
Peu de données existent dans la littérature sur les seuils de réponse à la rh TSH, c’est-à- dire le taux au delà duquel une rechute peut être mise en évidence. Un seuil « institutionnel » est à déterminer par chaque centre en fonction de la méthode utilisée. La signification clinique d’élévations minimales de Tg sous rhTSH reste inconnue et doit être évaluée. En présence d’Ac anti-Tg, l’absence de réponse de Tg sous rhTSH doit être interprétée avec prudence.
Après traitement initial, la thyroglobuline et la recherche d’anticorps anti-Tg qui lui est associée doivent être dosées tous les 6-12 mois.
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