Ce document fait suite à plusieurs consensus de prise en charge publiés : un sur la prise en charge des nodules thyroïdiens, les deux autres, français(1) et américain(2) portant sur la prise en charge des cancers différenciés de la thyroïde. Il a été élaboré à l’occasion d’une conférence de consensus organisé à l’initiative de la Société Française d’Endocrinologie(SFE) et du Groupe de Recherches sur la Thyroïde (GRT), avec l’appui de la Société Française de Médecine Nucléaire (SFMN) de l’Association Francophone de Chirurgie endocrinienne (AFCE) et de la Société Française d’ORL(SFORL). L’intégralité du document est accessible sur le site internet de la Société Française d’Endocrinologie (SFE). Il a été publié dans les Annales d’Endocrinologie Décembre 2007 Vol 6_ suppl 2 S53-S94.
Références
- Furio Pacini, Martin Schlumberger, Henning Dralle, Rossella Elisei, Johannes WA Smit, Wilmar Wiersinga and the European Thyroid Task force. European consensus for the management of patients with differentiated thyroid carcinoma of the follicular epithelium. European Journal of Endocrinology 2006; 154: 787-803.
- The American Thyroid Association Guidelines Taskforce* Members: David S. Cooper,(Chair), Gerard M. Doherty, Bryan R. Haugen, Richard T. Kloos, Stephanie L. Lee, Susan J. Mandel, Ernest L. Mazzaferri, Bryan McIver, Steven I. Sherman and R. Michael Tuttle Management Guidelines for Patients with Thyroid Nodules and Differentiated Thyroid Cancer. Thyroid 2006 ; 16 (2) : 1-32.
La prise en charge des cancers thyroïdiens a longtemps été, partout dans le monde et notamment en France, affaire d’ « école » se singularisant, de ce fait, par sa diversité, source de débats opposant « minimalistes » et « maximalistes ». L’absence de données scientifiques solides permettant de privilégier une stratégie diagnostique ou thérapeutique par rapport à une autre y était pour beaucoup, laissant libre cours aux traditions locales. Une autre particularité historique de la prise en charge des cancers thyroïdiens concerne la pluridisciplinarité des intervenants. A côté des endocrinologues et des chirurgiens, les médecins nucléaires ont depuis très longtemps un rôle central dans l’exploration, la surveillance et le traitement des patients. L’implication des oncologues longtemps limitée par la chimiorésistance de ces tumeurs est actuellement favorisée par l’essor de nouvelles thérapeutiques dites « ciblées ». La prise en charge des cancers thyroïdiens relève donc d’une véritable « chaîne de compétences ». Depuis quelques années, le panorama du cancer thyroïdien s’est modifié. Le cancer thyroïdien fait partie des tumeurs rares puisqu’il ne représente qu’environ 1% de l’ensemble des cancers. On assiste, cependant, depuis 30 ans, en partie sous l’effet d’un dépistage plus actif et d’une modification des pratiques à une augmentation importante de l’incidence s’effectuant principalement aux dépens des petits cancers papillaires de bon pronostic. La survie des patients est très prolongée, peu différente en règle de celles de la population générale expliquant une prévalence élevée. La nécessité d’un suivi au long cours, en raison de la possibilité de récidive même à très long terme, conduit souvent, au fil du temps, à l’implication de non spécialistes, dans le suivi. Des avancées scientifiques importantes ont eu lieu. Si le nombre d’études prospectives, randomisées reste limité en raison même du pronostic globalement favorable de ce cancer, de grandes études de cohorte ont permis une évaluation des thérapeutiques conventionnelles et une détermination plus précise des facteurs pronostiques. Les mécanismes moléculaires impliqués dans la survenue du cancer commencent à être mieux connus. Surtout, on dispose maintenant de nouveaux outils bien évalués et performants pour le diagnostic et le traitement. La prise en compte de ces avancées a permis de faire évoluer la prise en charge traditionnelle vers une interdisciplinarité plus marquée, d’élaborer de nouvelles stratégies adaptées au niveau de risque des patients et de parvenir à des éléments de consensus. La publication récente des recommandations européennes et américaines en témoigne.
Cette conférence de consensus répond à deux objectifs principaux :
- Proposer une stratégie rationnelle basée sur le niveau de risque des patients, tenant compte des avancées scientifiques récentes et de la nécessaire pluridisciplinarité de la prise en charge
- Adapter aux spécificités françaises les recommandations européennes et américaines et permettre ainsi aux cliniciens français de disposer d’un référentiel dans le cadre des réunions de concertation pluridisciplinaires d’oncologie (RCPO)
Nous reportons ci-dessous le texte principal (des annexes portant sur chacun des sous-chapitres sont accessibles dans le document final).
- Chirurgie initiale
- Totalisation isotopique
- Hormonothérapie substitutive après chirurgie
- Dosage de thyroglobuline
- Suivi par échographie cervicale
- Suivi par les scintigraphies
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